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Ce tableau de synthèse montre que l'année agricole 2018-2019 ne présente pas une sécheresse aussi sévère que sur la plus grande partie de la France. Pourtant, septembre prolonge  le profil d'un été 2018 particulièrement sec, mais les pluies méditerranéennes d'automne favorisent un réamorçage de la recharge hydrique. Néanmoins, la constante pénurie hivernale reprend ses droits jusqu'en mars. Heureusement, une pluviosité printanière correcte permet une atténuation des effets de la canicule fin juin. Ensuite, quelques averses ponctuelles tempèrent la sécheresse estivale coutumière. Donc la région se trouve épargnée par une sécheresse exceptionnelle sur de nombreux terroirs français. 

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Le tableau ci-dessus indique pour chaque mois, soit la prédominance océanique ( couleur bleue ), soit la prédominance méditerranéenne ( couleur verte ). Globalement, on relève un léger avantage de l'influence atlantique qui serait plus évident en considérant la durée totale des précipitations. Néanmoins, l'impact des pluies méditerranéennes s'avère remarquable, essentiellement en saison automnale, comme le montre la prépondérance d'octobre. L'intensité pluviale des épisodes issus du golfe du Lion se traduit par les plus forts cumuls mensuels, comme en novembre 2011, plus particulièrement septembre et novembre 2014. Toutefois, le caractère irrégulier de la "mousson méditerranéenne" justifie  la faible fréquence des épisodes intenses sur la région, ce qui se concrétise par une large prédominance de la pluviométrie océanique sur les cumuls annuels. Seule l'année sèche 2017 laisse l'avantage à des apports méditerranéens peu consistants, sinon cette éventualité n'apparaît jamais sur l'espace caussenard, alors que l'escarpe cévenole subit de plein fouet le forçage orographique, dont l'impact déborde sensiblement sur le haut bassin-versant Dourdou-Sorgue.

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Le tableau ci-dessus permet d'observer les conséquences du réchauffement climatique sur la saison hivernale. Le choix se porte sur cette période essentielle qui caractérise l'évolution globale d'un climat de moyenne montagne. Effectivement, c'est le froid hivernal qui conditionne pour une large part le mode de vie des habitants sur les rudes plateaux caussenards. La rigueur des températures favorise généralement les types de temps neigeux, les paysages enneigés font partie du décor habituel avant la décennie 1980. Or cette époque semble révolue, divers témoignages sérieux l'évoquent avec un brin de nostalgie (voir les écrits de Martin de la Soudière). La synthèse des valeurs indiquées pour la station de Millau-Soulobres en fournissent une preuve.

L'analyse des températures maximales reflète bien cette disparition progressive d'un faciès climatique qui se rétracte vers les hautes terres du Massif Central. Seul l'hiver 2009-10 présente encore ce caractère habituel, comme en témoigne la valeur extrême des écarts inférieurs à 4°. Ensuite, ce sont les valeurs supérieures à ce seuil du froid, qui ne cessent d'augmenter. En 2012 notamment, malgré la vague de froid de février, l'ensemble de la saison est marqué par la douceur, devenant remarquable en mars. Voilà déjà les signes d'une circulation méridienne plus tenace, celle qui se traduit par des flux anticycloniques subtropicaux plus durables, alors que les coulées arctiques s'effilochent au fil des années.

C'est vraiment en 2013-14 que l'hiver montre ses véritables signes de faiblesse, avec ce minimum de froid qui devient une constante, à peine atténuée en 2017-18. A l'heure où s'éditent ces lignes, on s'achemine peut-être vers l'hiver le plus doux depuis le début des relevés météorologiques, en 1873 !

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Le tableau ci-contre représente les contrastes thermiques enregistrés durant le printemps estival 2020 d'après les relevés de la station Millau-Soulobres. Ces valeurs correspondent à la somme des degrés-jours des températures minimales et maximales par rapport aux normales saisonnières. Ainsi se trouvent mis en évidence les contrastes bien marqués entre les premières chaleurs de mai, suivies d'une fraîcheur tenace en juin. Encore une fois, l'ambiance estivale de mai devient remarquable par sa précocité, néanmoins cette configuration anticyclonique favorise un courant de sud-ouest très actif sur l'Aquitaine. Son blocage orographique se traduit par l'abondance pluviale de la Montagne Noire aux Mts de Lacaune en 1ère quinzaine de juin, associée à la fraîcheur d'un vent de nord-ouest soutenu.

bilan thermique mensuel depuis 2019 d'après la station Millau-Soulobres

octobre 2019 : un léger excédent tout au long du mois.

novembre 2019 : proche des normales malgré une certaine fraîcheur du 7 au 20.

décembre 2019 : une constante douceur, particulièrement remarquable du 14 au 21.

janvier 2020 : une douceur remarquable avec un "pic" sur chaque décade.

février 2020 : après 2019, le plus doux depuis 1998, avec un "pic" remarquable du 20 au 24.

mars 2020 : assez contrasté, 1ère décade un peu fraîche, puis douceur remarquable du 16 au 23.

avril 2020 : dans la constance d'une douceur remarquable depuis 2010.

mai 2020 : dans le prolongement d'avril, avec chaleur remarquable du 18 au 31, juste interrompue les 23-24.

juin 2020 : on passe progressivement  de la fraîcheur des deux 1ères décades à la chaleur remarquable de la 3ème.

juillet 2020 : le 3ème consécutif parmi les plus chauds connus, avec une constance remarquable  en  3ème décade.

août 2020 : le 4ème consécutif parmi les plus chauds depuis 2008, avec chaleur remarquable du 5 au 11.

septembre 2020 : contraste sensible entre chaleur remarquable de 2ème décade et brutal rafraîchissement du 25 au 30.

octobre 2020 : le plus frais depuis 2003 et 2010, notamment du 11 au 19 , des contrastes sensibles à 3 reprises.

novembre 2020 : parmi les 4 les plus doux depuis 2010, avec constance remarquable , juste interrompue du 20 au 24.

décembre 2020 : prédominance de la douceur humide, neigeuse les plateaux, aucune forte gelée.

janvier 2021 : hausse progressive en raison de la douceur humide, seulement fortes gelées en 1ère semaine.

février 2021 : grande douceur progressivement anticyclonique, pratiquement aucune gelée dans les vallées.

mars 2021 : globalement plus frais que février, avec un réchauffement sensible en dernière décade.

avril 2021 : 2 périodes de gel remarquable durant les 1ère et 2ème décades, dégâts sur végétation trop précoce.

mai 2021 : constance de la fraîcheur avec prédominance du flux océanique dans le quadrant nord-ouest.

juin 2021 : chaleur modérée en milieu du mois, puis prédominance d'entrées maritimes par vent du Midi.

juillet 2021 : fraîcheur remarquable en première quinzaine, tout juste 5 jours consécutifs autour de 30°ensuite.

août 2021 : prédominance de la fraîcheur interrompue par 6 jours de chaleur du 10 au 16.

septembre 2021 : constance du beau temps chaud sans excès, surtout les 3 premières semaines.

octobre 2021 : prédominance du beau temps anticyclonique, nuits fraîches et après-midis agréables.

Inventaire des épisodes méditerranéens  depuis 2019

L'impact de ces aléas météorologiques sur l'environnement caussenard doit faire l'objet d'un suivi particulier, en fonction du réchauffement climatique. Un recul de 50 ans sur l'inventaire de ces types de temps laisse apparaître une augmentation de 20% environ des épisodes les plus intenses, ceux qui dépassent les cumuls de 200 mm en moins de 10 heures, soit des intensités horaires s'approchant du seuil fatidique de 30 mm/h. Ce sont les événements remarquables qui se traduisent par un accroissement sensible de la vulnérabilité , en raison d'une trop forte densité de constructions sur le "chemin" des écoulements torrentiels.

En fonction de la référence établie dans la région depuis l'épisode historique du 28 novembre 2014, il s'avère nécessaire de procéder à une analyse comparative des épisodes qui affectent l'ensemble de l'arc méditerranéen septentrional, de la Catalogne à la Lombardie, et de constater leur impact sur les Grands Causses , selon deux périodes, d'abord la tendance automnale, du 20 août au 20 décembre, sujette à l'instabilité orageuse la plus probable, puis le reste de l'année, marqué par un 2ème pic printanier, entre mars et juin.

Episode 22 - 23 octobre 2019

 

Un système dynamique adopte la trajectoire Béziers-Sud-Aveyron, la plus sensible pour la réactivité des cours d'eau sur le bassin-versant Sorgues-Dourdou. Effectivement , le seuil des 200 mm/24h est dépassé sur les crêtes des Monts d'Orb, le cumul des 100 mm encadre tout le périmètre du bassin-versant jusqu'à St Affrique. La convection profonde permet l'organisation de lignes orageuses très actives, donc des phases rapprochées d'intensité pluviale au seuil des 30 mm/h provoquent le développement de crues rapides sur les deux cours d'eau principaux. Par exemple, le pic de crue de la Sorgue à St Félix  est de 4,89 m, les 3/4 des150 -200 mm enregistrés en amont de ce point stratégique se déversent en moins de 12 heures. Le Dourdou atteint la cote de 5,24 m après la confluence de Vabres-l'Abbaye, alors que la Sorgue est déjà en décrue. C'est la 3ème position pour St Félix depuis les 6,80 m de 2014 et 5,85 m de 1992.

 

 

Episode 22 - 23 novembre 2019

 

Encore un système virulent qui s'exacerbe le long de l'escarpe cévenole, puis devient meurtrier  près des reliefs de la Côte d'Azur. Notre région se situe en marge de l'épicentre marqué par la convection profonde. Tout si le cumul pluviométrique atteint les 150 mm sur le rebord du Larzac, seuls les hauts bassins-versants du Tarn et du Lot réagissent sensiblement suite aux cumuls supérieurs aux 250 mm de l'Aigoual au Mont-Lozère. Néanmoins, la dynamique d'altitude permet le développement d'un système en "V" dont le "panache" s'étale de l'Espinouse au Lévézou, donnant quelques salves orageuses brèves et torrentielles, mais de stationnarité inférieure à 2 heures. Le paroxysme de cet épisode se retrouve donc vers la Côte d'Azur. 

Episode du 1er décembre 2019

Une zone dépressionnaire bloquée au sud de l'anticyclone européen génère un rapide flux convergent à l'Est du Rhône. La forte convection suscite le développements de foyers orageux brefs et sévères. Les intensités horaires de 50 mm/h localisées sur des secteurs assez réduits engendre des crues-éclairs sur des bassins-versants en fortes pentes, des ruisseaux anodins inondent des zones d'habitations, de la Drôme au Lubéron, se décalant jusqu'aux Alpes Maritimes. Les lames d'eau s'échelonnent de 70 à 140 mm en quelques heures. La région des Grands Causses ne subit que des averses modérées sous un "vent du Midi" relativement inoffensif.

Episode du 21-23 janvier 2020

Une goutte froide s'isole dans le périmètre classique des Baléares, ce qui permet l'organisation d'un système pluvio-orageux axé sur le golfe du Lion. L'intensité horaire s'élève jusqu'au seuil des 30 mm/h sur les reliefs cévenols, ainsi les cumuls dépassent ponctuellement les 400 mm en 48 heures, mais on est loin de la sévérité orageuse au seuil des 50 mm/h. L'épisode touche modérément le Sud-Aveyron, débutant par des chutes de neige au-dessus de 600 mètres, du Larzac aux Monts de Lacaune, relayées rapidement par des pluies intermittentes assez fortes. Les quantités atteignent les 100 mm sur les crêtes héraultaises, ce qui entraînent une réaction modérée sur les hauts bassins-versants, Tarn, Dourbie, Sorgue, Dourdou.

Episode du 19-22 avril 2020

L'anticyclone européen assure un blocage tenace du courant océanique, ce qui favorise une cyclogenèse méditerranéenne étendue des Baléares à la Sardaigne. Ainsi s'établit un flux d'Est remarquable par sa durée, concrétisé par des cumuls pluviométriques affichant une croissance de 100 à 300 mm, de l'Ouest languedocien au Roussillon. Les pluies continues atteignent à peine 10-20 mm/h ponctuellement, car la convection orageuse demeure faible dans une masse d'air saturée d'humidité sur toute sa hauteur. L'épisode effleure seulement les Grands Causses, le haut bassin-versant Sorgue-Dourdou absorbant rapidement une lame d'eau de 40-50 mm. En réalité, cette phase météorologique passe inaperçue dans la région, dans un contexte de sécheresse et températures particulièrement élevées, la persistance anticyclonique assurant un bien-être printanier, frustration renforcée en période de confinement sanitaire !

 

 

Episode du 12 juin 2020 

Voici un événement exceptionnel , non par son intensité absolue, mais pour cette période de l'année, comparable à celui de juin 2010 dans le Var. La puissance du courant d'altitude est en partie responsable d'une forte convergence en basses couches dans l'axe cévenol, favorisant la convection profonde et donc le développement de foyers orageux très sévères, amplifiés par le forçage orographique. Cela se concrétise par des cumuls pluviaux remarquables, dont les 460 mm en moins de 24 heures au pied du Mont-Lozère, l'isohyète 300 mm englobant l'aire sommitale cévenole au-dessus de 1200 mètres d'altitude. Du côté des Grands Causses, la virulence du phénomène demeure à un degré moins spectaculaire, le relief n'est pas assez hardi pour "booster" davantage l'activité orageuse qui s'étend jusqu'au Ruthénois, mais avec une certaine modération. Preuve en est la faible réactivité sur le bassin-versant Sorgues-Dourdou, suite aux 100-150 mm déversés sur cette zone, alors que l'amont du Tarn enregistre un niveau de crue comparable à celui de novembre 2019, sans vulnérabilité particulière.

 

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Episode du 19 septembre 2020 

Une goutte froide positionnée au fond du golfe de Gascogne pilote un puissant flux de Sud très instable sur toute l'épaisseur de la masse d'air énormément chargée d'humidité. Voilà tous les ingrédients responsables de la très grande sévérité du système orageux quasiment stationnaire durant 7 heures, classé R5++ sur l'échelle "Keraunos". L'épicentre se focalise sur le haut bassin-versant de l'Hérault, avec une lame d'eau de 718 mm en 24 h, dont 360 en 3h, rappelant le record historique du 29 septembre 1900 sur cette zone cévenole (voir rubrique "événements"). En résultent des crues-éclairs très dommageables sur l'ensemble du réseau hydrographique, jusqu'au Gardon d'Anduze. L'image-radar ci-contre montre bien que la région des Grands Causses se trouve une nouvelle fois épargnée par ce genre d'aléa paroxysmique.

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Episode du 2 octobre 2020 

Un vigoureux front froid lié à la tempête "Alex" provoque une forte "aspiration méditerranéenne", prise dans une convergence axée sur les Alpes Maritimes. La forte convection associée au forçage orographique se traduit par une grande sévérité orageuse. La photo-satellite ci-contre donne une idée de la puissance torrentielle développée sur ce secteur de haute montagne. Le cumul pluviométrique atteint 200-350 mm en 12h sur un périmètre dont l'épicentre concerne le massif du Mercantour, étendu jusqu'au Piémont italien et en Ligurie. On enregistre le record historique de 500 mm en 24h à St Martin-de-Vésubie, dont 218 en 6h, et les 600 mm sont dépassés au-dessus de Vintimille. La virulence de l'aléa est inférieure à celle de l'épisode cévenol précédent, mais la topographie de couloir montagnard accroît la vitesse torrentielle, se traduisant par la masse de sédiments étalés en mer. Bien sûr, voilà un événement qui montre encore une fois le privilège de notre région face aux épisodes méditerranéens.