Phénomènes météo remarquables

Rappel d'événements historiques

Vague de froid : février 1956

La plus forte magnitude connue en Europe, comparable  aux événements de ce style qui jalonnent le "petit âge glaciaire". Seul décembre 1879 dépasse une telle intensité (annales météorologiques de Paris), sans certitude sur les Grands Causses. Un froid sec qui se traduit par des minima extrêmes, comme -28° à l'Aigoual, au moment des advections sibériennes, proches de -30° dans des "pièges à froid" par intense rayonnement nocturne. Par comparaison, les dernières vagues de froid intenses de janvier 1985 et janvier 1987 n''atteignent que très localement les -20°.  La neige tombe en abondance sur le bassin méditerranéen, jusqu'à Barcelone, Naples, et même en Algérie. L'Angleterre est terriblement affectée par une véritable ambiance polaire, souvent -25° et d'énormes congères. Partout des fleuves gelés, un début de banquise auprès de certains ports atlantiques Finalement, notre région caussenarde semble toujours demeurer dans une logique de privilèges climatiques, simplement 10 - 15 cm de neige sèche qui s'infiltre sous les tuilées !

Le grand hiver 1962-63

Du 15 novembre au 3 mars, la situation synoptique qui concerne l'Europe ne laisse que peu de répit aux flux glacials advectés de Scandinavie ou Russie. Toutefois, selon la logique de la circulation atmosphérique, les vagues de froid successives se concentrent d'abord vers le Nord-Est de la France avant de se répandre sur les Grands Causses. Ce n'est qu'en décembre que la froidure devient remarquable sur l'ensemble de la région. L'intensité maximale se développe du 22 janvier au 6 février, accentué par un tapis de "poudreuse" de 30 cm accumulé toute la journée du 3/02, suivie de minima absolus inférieurs à -20°. On se rapproche de la rigueur extrême de 1956 ! La résistance de ce décor neigeux jusque début mars témoigne de la longue durée du gel continu, ce qui place cet hiver-là au 1er rang du 20ème  siècle. Il fut ressenti à l'époque comme une réplique des grands hivers qui jalonnent le "petit âge glaciaire", un cran inférieur tout de même au plus terrible, celui de 1788-89, un des déclencheurs de la révolution française !  

Gros épisodes neigeux 1970-1971

1ère phase : Noël 1970 marqué par les "naufragés de la route" sur l'autoroute A7. Un épisode méditerranéen de type neigeux s'étend de la vallée du Rhône aux Grands Causses. Un tapis de neige lourde ensevelit la région sous une couche de 40-60 cm. Quelques jours très froids , suivis d'un "vent du Midi" vigoureux, qui "dévore" rapidement cette épaisse gangue.

2ème phase : fin janvier 1971, la plus sévère, celle qui paralyse le pays durant de longues semaines, quand le paroxysme neigeux est suivi immédiatement d'une intense vague de froid. Un phénomène de tourmente, comparable à celui qui règne en maître - à l'époque - sur les hautes terres de l'Aubrac, se déchaîne sur les Avants-Causses, jusqu'au fond des vallées les mieux abritées. Des congères de plusieurs mètres obstruent routes et chemins ; fermes et hameaux demeurent  longtemps isolés, sans électricité, jusqu'à près de 15 jours parfois. Les plateaux sont encore festonnés de congères début avril, comme sur la Loubière par exemple.

Même le "mini-blizzard" de janvier 1987, exceptionnel sur le littoral languedocien, se situe à un degré nettement inférieur de par sa quantité de neige, et surtout une durée de paralysie bien plus courte.

Epaisseur de neige exceptionnelle : janvier 2006

Depuis mars 1935, les Avants-Causses n'ont pas enregistré une telle quantité de neige, celle qui perturba les habitants du St Affricain durant une bonne semaine.  Toujours la même configuration synoptique : blocage européen et goutte froide sur le golfe du Lion. La stationnarité du système, centré sur l'Aveyron, explique l'intensité de  cette chute de neige, qui dure 20 heures environ, en ce samedi 28 janvier.                           Finalement, un phénomène classique, mais quelques détails dévoilent son originalité. En fin d'épisode, la pluie succède progressivement à la neige, d'abord sur le Larzac, plus tardivement en fond de vallées, où l'épaisseur  d'air froid résiste mieux. Voilà le paradoxe, la neige est plus épaisse à Millau qu'à La Cavalerie ! Ceci démontre l'importante circulation d'air  chaud en altitude, qui repousse facilement la fine couche d'air polaire sur les plateaux. La pluie tombe même sur l'Aigoual en fin d'après-midi, c'est donc un intense épisode cévenol pluvio-neigeux qui concerne toute l'aile occidentale de la "Montagne languedocienne". Aussi, l'Aveyron subit les dommages de la neige, alors que l'Aude inonde les basses plaines du Narbonnais ! Le manteau neigeux (globalement 70 - 80 cm) s'alourdit considérablement en absorbant la pluie et provoque l'effondrement de nombreuses charpentes métalliques, notamment dans les fermes. La douceur du "vent du Midi" amorce une fonte rapide, surtout sur le Larzac, mais des conditions anticycloniques s'établissent après la résorption de cette goutte froide. Donc, les inversions thermiques entretiennent le gel quasiment permanent sur les ombrées, aussi ce tapis neigeux résiste deux à trois semaines dans les vallons caussenards, alors que le Larzac n'en a plus aucune trace au bout d'une semaine !

 

Un mécanisme comparable se retrouve en janvier 1980, épaisseur de neige lourde de 60 à 90 cm sur le Sud-Aveyron, davantage centrée sur les flancs des Mts de Lacaune. Un événement peu mémorisé, en raison de sa localisation relativement réduite, et sa durée assez brève, car le "vent du Midi" et la pluie ont vite "digéré" un épais tapis imbibé d'eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tempête et inondations : novembre 1982

Une dépression très creuse sur le golfe de Gascogne déclenche un déchaînement du "vent du Midi", qui atteint la puissance de l'ouragan durant plus de 24 heures. Les peuplements forestiers d'une large moitié Sud de la France sont terriblement dévastés. Associé à ce phénomène exceptionnel se développe un intense épisode méditerranéen, déversant des pluies diluviennes sur une étendue extraordinaire, du Vivarais à la Cerdagne, s'acharnant aussi sur les crêtes cévenoles qui ceinturent la région. En conséquence, le Tarn enregistre sa crue historique à Millau, comparable à celle de septembre1875. Le Dourdou développe une crue majeure en amont de Camarès, alors que la Sorgue sort modestement de son lit.

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Sur cette photo, on peut observer le pic de crue du Tarn à Millau, le 08/11/1982. L'eau affleure le tablier du pont Lerouge, à la cote 9,80 m. Une plus forte contribution de la Dourbie, alors qu'en 1875 le Tarn-amont fut davantage impacté.

photo près de Millau après-midi 28 janvier 2006. Environ 70 cm un peu plus tard, avant la pluie. ( mesure officielle Millau-Soulobre : 62 cm ). Epicentre sur le Lévézou (1.15 m du côté de Vezins ; près de 1 m. à Rodez ) 

Pluies extrêmes les plus fréquentes

Ce document de synthèse édité par Météo-France met en évidence la trajectoire la plus fréquente des épisodes méditerranéens intenses. C'est bien de l'Espinouse au Tanargue  que cette fréquence augmente, en fonction  de la puissance du relief, et de la capacité des "cheminées cévenoles" à conditionner le forçage orographique.

Effectivement, la plupart de ces communes répertoriées, qui ont connu plus de 10 épisodes de ce style durant les 50 dernières années,  se localisent en amont de bassins-versants très encaissés. Ces intensités pluviales sont le reflet de cette topographie particulière des "serres cévenoles" , orientées dans l'axe des flux d'ESE, extrêmement chargés en vapeur d'eau.

5 communes ardéchoises ont enregistré ces valeurs plus de 20 fois : Valgorge, Loubaresse, Mayres, La Souche, Montpezat, situées dans l'environnement du relief le plus vigoureux ; Tanargue et Croix-de-Bauzon.

4 épisodes concernent les bassins-versants des Grands Causses en déversant plus de 400 mm sur 2 jours consécutifs, épicentres plutôt localisés de l'Aigoual au Mt Lozère : 30-31/10/1963 (crue majeure Dourbie) ; 24-25/09/1965 (crue majeure haut-Tarn) ; 7-8/11/1982 (crue majeure Tarn-Dourbie) ; 3-4/11/1994 (crue majeure Lot-Tarn) ; 

Sur cette carte apparaît bien l'ensellement de relief, entre Castanet-le-Haut et St Maurice-de-Navacelles. L'affaiblissement du forçage orographique au niveau du Larzac se traduit par une occurence moyenne de 5 à 10 ans de ces cumuls de 200 mm/24h. sur les bassins-versants du Sud-Aveyron.

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Crue de la Sorgue : novembre 2014

Une "mousson méditerranéenne" 2014 déjà exceptionnelle par la répétition des épisodes intenses, ceux qui sont répertoriés au seuil de 200 mm/24h ; on en dénombre 14 depuis septembre. C'est le 2ème qui touche particulièrement le Sud-Aveyron en ce 28 novembre, son profil particulièrement agressif provoque une crue historique de la Sorgue, d'un niveau comparable à celui d'octobre 1933 de St Félix à St Affrique. Un système en "V" se met en place en fin de nuit, la pointe du "panache" localisée sur les contreforts biterrois, les salves orageuses se dispersant durant 12 heures environ vers le Sud-Aveyron. Les branches du "V" développent un mouvement de balancier d'Ouest en Est, qui effectue pratiquement un aller-retour entre le matin et l'après-midi, du bassin du Rance au bassin de la Dourbie, l'épicentre se situant sur le bassin-versant Dourdou-Sorgue. La distribution toujours irrégulière des cellules orageuses s'accompagne d'un "vent du Midi" soutenu, ainsi toute la zone est systématiquement "mitraillée" à intervalles de 20 minutes à 2 heures. L'intensité dépasse parfois le seuil de 40 mm/h, celui qui déclenche les crues torrentielles. Comme  le temps de concentration de la rivière est très rapide, après saturation des sols par le fort cumul pluvial distant seulement d'une semaine, le rythme de la crue se calque sur le rythme des averses, dont le déplacement rapide d'amont vers l'aval accentue encore la rapide montée des eaux. Les brusques gonflements de la rivière s'empilent au fil du temps, ponctués de quelques rémissions qui réduisent la puissance de crue. Mais au final, vers 17 heures, s'affiche une cote jamais enregistrée au pont de St Félix : 6,49 m. (mesure officielle) au lieu des 5,85 m du 27 septembre 1992 ! Cependant une déficience du capteur fausse la mesure avant le pic de crue. Vue la hauteur de 30 cm d'eau sur la route en rive droite du pont, la valeur historique peut être estimée à 6,90 m. ! 1h30 plus tard, le pic de crue envahit les bas-quartiers de St Affrique, l'eau franchissant le "Pont du Centenaire" et remontant les 3/4 de l'Avenue Victor-Hugo !

Et pourtant, le cumul pluvial atteint globalement 130 - 220 mm sur l'ensemble du bassin-versant, valeur nettement inférieure à celles enregistrées sur les versants exposés aux puissantes ascendances, côté languedocien, comme le montrent les radars-pluies ci-dessous. Par exemple, sur des trajectoires semblables, le bassin-versant de l'Orb reçoit plus de 300 mm/24h lors des crues mémorables, comme en décembre 1953. Ces différences de part et d'autre de la ligne de crêtes suivent la logique des mécanismes orographiques, le rougier de Camarès se trouvant relativement  protégé lorsque les lignes orageuses persistent sur l'axe Béziers-Montagnol. 

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Ces documents mettent en évidence la dégradation des influences méditerranéennes sur les Grands Causses, même dans leurs manifestations les plus extrêmes. La localisation des épisodes orageux les plus extravagants  montre bien le rôle essentiel des reliefs les plus massifs, qui renforcent des systèmes convectifs très dynamisés par la vitesse des flux de basses couches atmosphériques.

Toutefois, n'oublions pas le risque d'inondations majeures provoquées par les averses extensives, dont les cumuls pluviométriques étalés jusqu'à 72 heures, et parfois plus de 10 000 km2, sont responsables des énormes volumes de crues du Tarn (novembre 1982) et du Lot (novembre 1994 et décembre 2003).

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Vague de chaleur exceptionnelle : août 2003

Du 2 au 14 août, la région subit les effets de la pire canicule connue en Europe depuis plusieurs siècles. Un dôme de chaleur associé à un puissant anticyclone se traduit par des températures maximales extrêmement élevées, même sur les hautes terres de l'Aubrac, Mt Lozère ou Aigoual, où les valeurs s'échelonnent de 30° à 34° ( isotherme 0° remonté à 4500 m. ). Bien sûr, dans les vallons caussenards et le Rougier de Camarès, les maxima varient de 39° à 42° sur 3 ou 4 journées. L'environnement végétal se trouve affecté par un stress hydrique brutal, marqué par un flétrissement généralisé des feuillages sur de nombreux boisements. Sur les argilites du rougier, les buis prennent une teinte roussâtre, certains secteurs de la chênaie laissent apparaître des couleurs automnales, alors que les versants nord parviennent à conserver un minimum d'humidité en sous-sol.

Au niveau de la sécheresse agricole, cet épisode extrême se déroule au terme d'un été particulièrement chaud, après un printemps déjà sec. Depuis fin juin, les maxima oscillent constamment dans la fourchette 25° - 30°. Donc le niveau des nappes phréatiques s'abaisse rapidement, des sources tarissent, seul résiste le réseau karstique profond, comme le montre la Sorgue, nettement moins affecté que le Dourdou. A titre de comparaison, cette anomalie climatique dépasse largement l'intensité de l'été 1947, longtemps référence pour la région.

 

Evénements récents

Episode cévenol du 20-23 octobre 2019

Cet épisode méditerranéen acquiert sa plus forte puissance autour de Béziers. Le forçage convectif intense demeure bien localisé, car le manque de vitesse du flux de basses couches l'empêche d'étendre sa sévérité au-delà de la ligne des crêtes héraultaises. A l'approche des Grands Causses, c'est le forçage orographique qui prend le relais pour assurer un fort cumul précipitable.

Effectivement, les salves orageuses qui débutent en ce 22 octobre vers 6h00 du matin sur l'amont de la Sorgue, ne se révèlent pas aussi menaçantes que celles qui sévirent le 28 novembre 2014. Bien sûr de fortes averses se déversent sur le Sud-Aveyron, toujours avec la même irrégularité habituelle. Quelques phases plus continues et moins virulentes, moins d'activité électrique, ce scénario dévoile bien les caractéristiques d'un épisode cévenol. Le forçage orographique permet d'atteindre les 200 mm au Clapier et à Mélagues. Ensuite, l'intensité pluviale s'affaiblit progressivement vers l'aval des rivières. On passe par exemple des 150 mm sur Cornus ou Brusque à 80 mm vers St Affrique ou Montclar. En outre, la trajectoire biterroise favorise la concentration du flux humide de basses couches vers le Larzac et le Lévézou, largement circonscrits par l'isohyète 100 mm, comme en témoignent les 110 mm de Millau-Soulobres.

Selon cette configuration pluviométrique, l'ensemble des bassins-versants du Sud-Aveyron réagit sensiblement à des "vagues" intermittentes de forte intensité pluviale. L'observation des différentes mesures publiées par "vigicrues" laisse apparaître l'onde de crue la plus intense le long de la Sorgue, comme l'indique la hauteur de 4,89 m relevée à St Félix, le Cernon  inonde aussi largement son lit majeur. Par contre, la crue du Dourdou demeure relativement banale, et encore moins celle du Rance.  Cela concrétise bien la trajectoire la plus dynamique du système pluvial, du Biterrois au Larzac, plus atténué aussi bien du côté des Monts de Lacaune que du massif de l'Aigoual.

Episode cévenol du 11 - 13 juin 2020

Un système dépressionnaire complexe piloté par une "vallée froide" évolue vers l'isolement d'une "goutte froide" sur le golfe de Gascogne. Cette configuration synoptique permet le développement d'un système pluvio-orageux de grande extension géographique, de la Bretagne au Massif Central. La situation de blocage se traduit par un déplacement très lent du système vers l'Est. Donc, le forçage dynamique se trouve accentué par le forçage orographique à l'approche de l'escarpement cévenol. Le potentiel convectif d'un jet de basses couches chaud et humide permet le développement de lignes pluvio-orageuses discontinues. Celles-ci empruntent une zone de convergence axée sur  la trajectoire la plus récurrente, c'est-à-dire de l'Aigoual lozérien au Tanargue ardéchois. Le paroxysme pluvial, 350 à 430 mm en 48 heures sur le versant du Mont-Lozère, démontre bien la prédominance du facteur orographique, de même que les pics de crues les plus sérieux sur le Tarnon, ensuite Haut-Tarn, et moins intensément sur le Haut-Allier.

En ce qui concerne les Grands Causses, étant donné la modération du forçage convectif, comme l'attestent une sévérité orageuse relativement faible, le forçage orographique se limite aux crêtes héraultaises et les phases de forte intensité pluviale, de courte durée, restent espacées par de longs moments d'accalmie. Donc malgré des cumuls pluviométriques de 120 à 180 mm sur les têtes de bassins-versants, les ondes de crues décrivent une courbure nettement plus ample que lors des épisodes d'automne, généralement plus virulents. Par exemple, malgré la réaction la plus sensible sur la Sorgue, mesurée à 2,80 m à St Félix, cet épisode remarquable pour un mois de juin ne présente aucune particularité exceptionnelle sur notre région, en terme de cumuls pluviométriques.

 

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Les radars de pluies enregistrés le 12/06 à 14 heures, permettent de vérifier la position des noyaux de condensation les plus intenses, qui se développent sur la même zone géographique depuis la soirée du 11/06. Ce cliché instantané démontre bien le forçage orographique qui exacerbe les mécanismes de la convection vers la partie la plus massive de l'escarpement cévenol , depuis l'Aigoual au sud, (source du Tarnon) jusqu'au  Bougès et Moure de la Gardille au nord (sources du Lot, Chassezac et Allier). On aperçoit également l'expansion des forts cumuls orangés sur le Haut-Tarn, ce qui correspond à l'épicentre de l'épisode sur l'alignement Est-Ouest du Mont-Lozère. D'où la crue impressionnante du Tarn au niveau de Ste Enimie, un pic exceptionnel pour un mois de juin.

écarts températures février 2020 Millau.

 

février 2020 : pratiquement aucune gelée

 

Une remarquable douceur persiste tout le mois, qui se place parmi les plus tièdes depuis les années 1990. L'écart thermique s'accroît sensiblement du17 au 24/02 en raison d'un flux de sud anticyclonique. La température minimale n'atteint que 2 fois 0°, comme en 1990. La moyenne maximale de 11°  est légèrement inférieure aux records de 1998 et 2019 (respectivement 12°4 et 12°). 

A l'opposé, les plus froids sont  enregistrés en 1986 (grosse neige Plateau ardéchois et Pyrénées catalanes) et 2012 (dernière vague de froid remarquable).

 

 

écarts températures novembre 2020 Millau

novembre 2020 : une constante douceur océanique

C'est le mois le plus doux jamais enregistré dans la région (9°8). Néanmoins, on retrouve déjà des températures comparables en 2011, 2014 et 2015, et la 1ère fois en 2006. Encore un indice du réchauffement climatique. Cette ambiance climatique est associée à la persistance d'une circulation zonale, génératrice de la fréquence des flux océaniques du quadrant sud-ouest.

A l'opposé, les plus froids sont enregistrés en 1985 et 1998 (respectivement 3°2 et 3°8)

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Tempête "Bella": neige remarquable 28/12/2020

La photo ci-contre montre les 60 cm cumulés près de St Chély d'Apcher lors d'un épisode qui rappelle les "neiges d'antan", atteignant son paroxysme dans la nuit du 27-28/12/2020. La neige recouvre le sol dès 700 m d'altitude, néanmoins la couche ne dépasse les 20 cm qu'au seuil de 900 m, soit Aubrac, Lévézou, Mts de Lacaune. L'aspect remarquable du phénomène se justifie dans le contexte du réchauffement climatique, par contre c'était une situation classique durant la plupart des hivers 1960-1990, correspondant à l'oscillation naturelle  "fraîche" des années 1950-1980. Ce type de temps est associé à un "vallée froide" orientée de la mer de Norvège à la Méditerranée, qui se développe depuis Noël 2020, la situation dépressionnaire donnant des chutes de neige éparses les jours suivants, pour donner plus de 1 mètre d'épaisseur sur les "trucs d'Aubrac", affectés par un "écir" tenace dont une rigueur comparable remonte à l'hiver 2005. L'accentuation du froid en 1ère décade de janvier 2021 assure la consolidation de ce tapis neigeux. La prédominance des flux de nord-ouest jusqu'à mi-février se traduit par un cumul remarquable de 2,50 m au seuil de 1200 m d'altitude.

Gelées tardives en avril 2021

Du 06 au 09/04, une coulée froide, phénomène printanier classique, se révèle d'une intensité exceptionnelle, comparable à celle plus banale des années 1970 à la même période, un peu moins sévère que le 21 avril 1991. Les minimales franchissent souvent le seuil des -6°, la "gelée noire" est la marque de cette invasion froide et sèche, qui "grille" les tendres pousses végétales trop précoces. Les "pièges à froid" des hauts plateaux enregistrent même des minima inférieurs à -10° !

Après un retour à un temps plus conforme à la saison, une nouvelle coulée froide, moins percutante que la précédente, occasionne des gelées au seuil des -5° du 13 au 15/04. 

Ainsi le mois d'avril 2021 se place à un rang historique par la répétition des gelées tardives, d'autant plus dommageables que leur intervention succède à une dernière décade de mars particulièrement tiède, indice flagrant du réchauffement climatique, responsable d'une avancée préjudiciable du cycle végétal.

Neige précoce du 25/11 au 10/12/2021

La neige fait son apparition sur l'ensemble des plateaux sous l'influence d'une coulée polaire du 25/11 au 29/11, suivie d'un flux dynamique dans le quadrant nord-ouest. Au gré des fluctuations des masses d'air associées à chaque perturbation, la limite pluie-neige varie sans cesse entre 600 et 1200 mètres d'altitude. L'impact le plus étendu de cette neige se situe le 28/11, le tapis blanc apparaissant jusqu'à mi-pente de nos vallées. Ensuite quelques passages pluvieux atteignent même l'Aubrac, le décor neigeux résistant encore au seuil de 900 mètres, avant un épisode plus modéré le 05/12, et enfin le 10/12 encore plus discret sur les Avants-Causses. Sur la période, les cumuls de neige dépassent 50 cm sur l'Aubrac, environ 20 cm sur Lévézou et Monts de Lacaune, autour de 5 cm sur Larzac et Avants-Causses. La fonte est rapide au-dessous de 1200 mètres, car le sol n'est pas suffisamment refroidi au moment de ces chutes de neige humide.